Première baisse du trafic autoroutier en 20 ans
Les Français roulent moins sur les autoroutes. Une première depuis 1980, date de la création des statistiques de l'ASFA, l'Association des sociétés françaises d'autoroutes. Le trafic autoroutier a reculé de 1,4% en 2008, a annoncé, mercredi 28 janvier, l'association. En 2007, le trafic avait encore progressé de 3%.
"C'est une vraie nouveauté pour les sociétés d'exploitation des autoroutes (ASF, APPR, Cofiroute…). Nous avions connu des années de stagnation mais jamais de baisse du trafic. La plus faible croissance avait eu lieu en 2005 à +0,7%", explique Laurence Guillerm, directrice de la communication de l'ASFA. Même pendant les deux chocs pétroliers des années 70, période pour laquelle l'ASFA ne dispose que de données partielles, le trafic affichait des progressions de plus de 5%.
La diminution du trafic a surtout été sensible à compter du deuxième trimestre 2008, sur fond de flambée des prix à la pompe et de ralentissement économique. Elle concerne davantage le trafic des poids lourds (-2,4%) que celui des véhicules légers (-1,2%).
Pour l'année 2009, le président de l'ASFA, Henri Stouf, dit s'attendre à une nouvelle baisse du trafic. "Nous ne prévoyons pas une reprise de la croissance du trafic en 2009. Ce dernier est très largement dépendant du PIB d'une part, du coût des carburants d'autre part", a-t-il déclaré. Le prix du gazole, qui représente presque 75% des ventes de carburant en France, avait atteint un record historique le 30 mai 2008 à 1,4541 euro le litre avant de retomber à 1 euro mi-décembre. Au quatrième trimestre, la chute de la croissance a contribué à ralentir les transports de marchandises et les déplacements des Français.
La baisse du trafic risque d'affecter directement les résultats des sociétés exploitantes dont les recettes dépendent quasi exclusivement des péages. Or, elles ne peuvent pas compenser la baisse de leur chiffre d'affaires par une augmentation des tarifs aux péages. "Ceux-ci sont strictement encadrés par l'Etat. Les concessionnaires ne peuvent ni les augmenter ni les baisser comme bon leur semble", précise la directrice de la communication de l'ASFA. "Les risques du trafic comme celui des travaux (hausse des coûts des matières premières, salariaux…) sont assumés par l'exploitant, indiquent clairement les contrats de concession des sociétés avec l'Etat", ajoute-t-elle.
Les tarifs des péages sont définis par l'Etat et les sociétés exploitantes tous les ans pour tenir compte à la fois de l'inflation et des investissements des sociétés (2,1 milliards d'euros en 2008). Le ticket de péage doit intégrer 85% de l'inflation annuelle et une part variable qui dépend des besoins de financement des investissements des sociétés. Cette part variable du ticket est négociée avec...
Source : e24
Publié le : 29/01/2009
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