DALORS
En tous cas l'après diesel se précise ...
Justement je voudrais plus de précisions sur l'après-diesel.
* En effet le diesel actuel produit trop de particules, notamment au démarrage. C'est son point faible, et les constructeurs n'ont pas inventé de filtre performant assez fiable, durable et efficace.
* par contre je remarque que les moteurs essence et GPL consomment plus de volume pour un trajet donné.
Par exemple un moteur essence va consommer environ 20% de plus en L/100 qu'un moteur diesel.
Et un moteur GPL va consommer encore 30 à 50% de plus qu'un moteur essence.
C'est également une pollution - même si elle ne noircit pas la façade de nos villes comme le fait la micro-particule du diesel - elle, la surconsommation d'hydrocarbure pour un trajet donné, contribue à la production de CO2 et au réchauffement climatique.
De l'autre côté de la planète, des glaciers millénaires, ainsi que des îles et des atolls disparaissent par notre insouciance à utiliser des moteurs et carburants goulus (GPL, essence...).
Ne vous paraît-il pas étonnant que l'Etat subventionne le GPL - quelqu'un qui a un moteur GPL aura un moteur deux fois plus goulu que le moteur diesel, mais un confort accru et surtout un carburant deux fois moins cher - par les taxes et non par un critère objectif ou économique.
Le diesel n'est pas parfait. Mais avant de s'en servir comme bouc-émissaire, voici mes questions sur l'après-diesel :
* si un carburant ou un type de moteur produit deux fois plus de gaz à effet de serre qu'un autre, pourquoi la fiscalité le rend-elle deux fois moins cher ?
* et cela 15 ans après le vote de la loi incluant le principe du pollueur-payeur ? (
www §3)
* supposons que cette fiscalité soit faite pour écouler un dérivé du pétrole (GPL ?) qui n'aurait aucune autre utilisation si on ne consommait que du gazole et de l'essence (un peu comme le boucher vend les tripes pas cher quand la demande porte sur les steaks et onglets),
dans ce cas-là si on fait disparaître les moteurs diesel, que fera-t-on du gazole non utilisé ?
* car nos champs produisent suffisamment pour les moteurs existants - une partie des déchets agricoles peuvent produire de l'éthanol qui peut substituer une partie de l'essence ; une partie des huiles (colza, tournesol) peut dans certaines conditions de réglage du carburateur, substituer une partie du gazole -. Or si on supprime les moteurs diesels, on supprime un des débouchés pour les huiles agricoles, sans créer de débouché pour le gazole issu du pétrole.
Alors que si on attend que le pétrole devienne à un prix excessif, les huiles locales, produites en France et en Europe, peuvent trouver des débouchés en matière de carburant automobile ou de machinerie industrielle. Des huiles et éthanols locaux. Et non fossiles. Et produits dans des pays où il existe des droits du travail et un SMIC ; pas dans des régions du monde où les femmes (50% de la population) sont privées d'écoles, ou sont lapidées ou brulées si une mèche de cheveu dépasse du foulard ou se fait engrosser par un patron indélicat.
Les camions maintenant :
* Cela fait plusieurs mois que je soupçonne les Think Tank qui diabolisent le diesel, de le faire pour l'interdire aux particuliers et l'autoriser aux entreprises ; pour que Mr-Mme Tout-Le-Monde paye un carburant cher (essence...) (ou investissement coûteux dans un moteur hybride) pendant que les transporteurs et autres entrepreneurs disposent d'un carburant peu onéreux, avec des moteurs (diesel) de longue durée de vie. Qu'est-ce qui me prouve que les entreprises seront privées de diesel en même temps que les particuliers ?
* existe-t-il des camions ou utilitaire essence avec les mêmes performances que les diesels actuels, à disposition des entreprises ? Suffisamment fiables ? En nombre suffisamment grand pour que la production de masse en permette une acquisition abordable ?
* je renouvelle ma question : si les véhicules diesels (VL et PL) sont remplacés par les autres (essence, GPL, hybride...), quels seront les débouchés du gazole ? Sera-t-il utilisé comme moyen de chauffage (fioul, même composition chimique, fiscalité différente), en concurrence avec le chauffage EDF (actuellement le solaire et l'éolien sont marginaux, 80% de l'élec française est nucléaire. La voiture électrique ne réduira pas la production de déchet nucléaire).
Entre l'électricité qui produit du CO2 (admettons candidement que les chaudières à mazout soient équipées de filtres, pour éviter les vilaines particules dégagées par les moteurs diesel), et le nucléaire qui produit du déchet nucléaire (EDF assure que tout est réutilisé. Hors propagande, on sait que des pays africains ou autres sont payés pour recevoir ce déchet nucléaire), il y a un mal cornélien : soit on est débordé par le CO2 (un mal bicentenaire maintenant), soit par le nucléaire (l'atome est connu depuis 3/4 de siècle environ, non ?).
Mon choix personnel est vite fait : aucun gouvernement (français ni étranger) n'a eu le courage de démanteler une centrale nucléaire pour savoir combien ça coûte (et de combien ça fait exploser la facture EDF par rapport au simple prix de la construction et de l'exploitation) ; face à une telle politique de l'autruche, le même déni qu'un alcoolique qui se cache de combien il boit trop, mon choix est de refuser au possible le nucléaire (et son occultisme donc).
Les calculateurs d'empreinte environnementale semblent montrer que le chauffage et les déplacements sont plus gourmands en énergie et ressources que le fait de recycler son papier, de manger végétarien ou de porter un pull en hiver.
Il est désolant en notre siècle "évolué" qu'un mode de locomotion fasse l'objet de bouc-émissaire - afin de ne pas chercher les vraies solutions aux problèmes environnementaux.
Car alors il faudra trouver un autre bouc-émissaire, puis un autre... en attendant, les libertés de locomotion sont restreintes (et les libertés tout court car une politique environnementale est à l'image de la considération de la politique envers le citoyen).